Les asymétries naturelles

Chloé Vic

De naissance, chaque cheval a une légère inflexion naturelle à gauche ou à droite. Il a un côté concave, où les muscles sont plus courts et plus toniques, et un côté convexe, où les muscles sont plus longs et donc plus faciles à étirer. Au cours de la vie, cette tendance peut être accentuée ou diminuée (travail, blessures, immobilisation…)

Les symptômes possibles de l’asymétrie latérale :

  • le cheval s’incurve bien d’un côté mais résiste ou incline la tête de l’autre ;
  • le cavalier sent une tension plus importante dans l’une de ses rênes ;
  • la queue est portée sur un côté de façon récurrente ou permanente.

En plus d’avoir naturellement tendance à porter plus de poids sur l’avant-main que sur l’arrière-main, un cheval préfère généralement surcharger l’un de ses antérieurs par rapport à l’autre. En général, cet antérieur de prédilection sera plus souvent placé en avant lorsque le cheval mange tête en bas. De plus, un cheval possède un postérieur plus souple et plus tonique, qui va donc pouvoir se fléchir plus facilement pour soutenir le poids du corps, et un postérieur plus raide, qui aura tendance à pousser le poids du corps vers l’avant. Pour mieux visualiser, on peut s’imaginer sur une trottinette : on va spontanément placer sur la trottinette notre jambe de prédilection, qui va se fléchir et porter tout le poids du corps tandis que notre autre jambe va servir à nous pousser vers l’avant. Le plus souvent le postérieur « faible » (celui qui a tendance à pousser le poids du corps vers l’avant), pousse le poids du corps en direction de l’antérieur opposé. Par exemple, un cheval qui a un postérieur gauche « faible » a de grandes chances de surcharger son antérieur droit.

Exemples de conséquences possible :

  • le cheval tombe à l’intérieur à une main, et tire vers l’extérieur à l’autre ;
  • le long de la piste, le cheval marche en légère hanche en dedans à une main mais pas à l’autre ;
  • le cheval a du mal à prendre le galop d’un côté ou se désunit ;
  • le cavalier a l’impression de glisser d’un côté ou de l’autre.

Toute blessure qui touche un membre peut entraîner des compensations qui vont modifier ces asymétries.

Maintenant, comment jouer sur ces asymétries ? On va d’abord tout simplement chercher à étirer le cheval à l’arrêt. Pour qu’il puisse le faire dans de bonnes conditions, on s’assure qu’il est dans un équilibre correct :

  1. aligner les deux antérieurs le plus possible ;
  2. demander au cheval de reporter un peu de poids sur l’arrière-main et d’engager sa sangle thoracique (de face, on voit le poitrail remonter entre les 2 antérieurs)
  3. essayer de trouver le point d’équilibre, où le cheval peut tenir la posture.

On va ensuite demander au cheval de s’incurver légèrement à droite et à gauche, en gardant la nuque parallèle au sol et une encolure étendue vers le bas et vers l’avant. Si le cheval est réellement incurvé de la tête à la queue, on voit, du côté interne au pli, la pointe de la hanche s’avancer. Une fois que le cheval est capable de s’incurver des deux côtés, on le met en mouvement sur le cercle. En gardant la même attitude que dans l’exercice à l’arrêt, on va mettre le cheval en mouvement en lui demandant d’engager son postérieur interne sous le centre de gravité : c’est la première étape pour commencer à corriger l’asymétrie entre les postérieurs. Sur un cheval dans une incurvation et un équilibre corrects, le postérieur interne viendra se poser en direction de la ligne médiane du cheval et vers l’avant (voir schéma).

Les exercices de deux pistes ne peuvent intervenir que sur un cheval qui est capable de s’incurver facilement des deux côtés et d’amener chacun de ses postérieurs sous la masse. On cherche alors à reporter progressivement de plus en plus de poids sur l’arrière-main, amenant les postérieurs à se fléchir (d’abord un à la fois, puis les deux) :

  • l’épaule en dedans nous permet de travailler la flexion du postérieur intérieur ;
  • la hanche en dedans travaille la flexion du postérieur extérieur ;
  • l’appuyer et la pirouette nécessitent que le cheval puisse fléchir ses deux postérieurs.

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