Une définition du bien-être

Clio Marshall

Quand on parle de bien-être, on reste souvent très vague. C’est chouette parce que c’est à la mode, mais est-ce qu’on est bien sûr de tous parler de la même chose ? Nos amis British se sont penchés sur la question dès 1965 et le rapport de Roger Brambell fait référence en la matière. Alors qu’est-ce que ça dit ?

Ça dit que le bien-être est une histoire de physique mais aussi de mental. Et ça met le doigt sur notre responsabilité en tant que propriétaires d’animaux : il est de notre devoir de protéger tout animal domestique de souffrances évitables (et c’est là qu’on prend conscience que les souffrances inévitables ne sont vraiment pas très nombreuses). Brambell parle dans ce rapport des Five Freedoms, qu’on traduira par les cinq libertés. Ces cinq libertés sont un droit pour l’animal et nous, humains, avons le devoir de les respecter. Et je souligne cette dernière phrase en rouge.

Les chevaux, quel que soit leur âge, leur sexe, leur race ou les ambitions qu’on leur prête, ont le droit d’être :

  • Libres de la faim et de la soif (avec un accès à de l’eau fraîche et de la nourriture adaptée qui assurent la bonne santé et la vigueur des animaux).
  • Libres de l’inconfort (en jouissant d’un environnement approprié comportant des aires de repos et d’abri).
  • Libres de la douleur, de la blessure ou de la maladie (grâce à la prévention et à un diagnostic rapide suivi d’un traitement)
  • Libres d’exprimer des comportements naturels propres à l’espèce (grâce à un espace de vie suffisant, un environnement approprié à leurs besoins et des compagnons de la même espèce).
  • Libres de la peur et du stress (grâce à des conditions de vie et des manipulations qui impliquent un minimum de souffrance psychologiques).Tout ceci est aussi applicable aux chiens, aux chats et à tous les animaux domestiques qui nous entourent.

Le bien-être, oui mais

Dans le langage courant, et même lorsqu’on connait la définition du bien-être, on pense souvent à la même chose : apporter au cheval à manger et à boire, un endroit où vivre qui corresponde aux besoins de l’espèce, s’assurer qu’il ne subisse pas d’injures ou de maladies, le soigner. On pense au bien-être lorsqu’on est autour de lui, lorsqu’on s’occupe de lui. Et on évite bien soigneusement de penser à ce terme lorsqu’on le travaille. Pourtant, le bien-être tel qu’il a été défini par le rapport de Roger Brambell (qui fait référence sur le sujet) comporte la phrase suivante (qui peut varier selon les versions mais dont le sens reste le même) : absence de peur et de détresse en veillant à garantir des conditions de vie et un traitement des animaux évitant toute souffrance mentale.

Lorsqu’on choisit de faire de l’équitation, qu’elle soit montée ou non, on choisit de pratiquer notre passion avec un animal vivant qui, de fait, est placé sous notre responsabilité. Au delà du fait qu’on ne devrait pas faire souffrir physiquement nos chevaux lors des manipulations (et le travail, qu’il soit à pied ou monté, est une manipulation), nous ne devrions pas non plus lui infliger une souffrance mentale inutile. Il est de notre responsabilité de professionnelles de réfléchir à des méthodes de travail qui respectent les théories de l’apprentissage, le fonctionnement cognitif du cheval et ses capacités physiques. Il est de la responsabilité des cavaliers et cavalières de s’entourer des bons professionnels.

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