Pourquoi s’intéresse-t-on autant à l’encolure en équitation ?

Chloé Vic •

Chez le cheval, la tête et l’encolure agissent comme un balancier. Elle permettent au cheval de stabiliser et modifier son équilibre et sont une composante essentielle de la locomotion. Via des structures osseuses, ligamentaires et musculaires, la posture et les mouvements de la tête et de l’encolure influencent les mouvements du tronc tout entier ainsi que ceux des membres (Zsoldos et Licka, 2015). Très mobiles par rapport au reste du squelette axial, le balancier tête-encolure est très facilement influencé, restreint ou compromis par le cavalier. Les actions des rênes ou des divers enrênements sont donc directement répercutées sur toute la locomotion du cheval, rendant leur utilisation délicate (et parfois controversée).

Les travaux de recherches se multiplient sur le sujet. Les objets de ces études sont variés, de même que les méthodes d’analyse.

Certaines études sur la biomécanique de l’encolure (et de la colonne vertébrale) sont réalisées in vitro (c’est-à-dire en laboratoire, sur des cadavres). Elles s’intéressent aux propriétés physiques et mécaniques des différentes structures, ainsi qu’à leur mobilité. En ce qui concerne la colonne vertébrale, elles ont principalement permis d’établir la nature et l’amplitude maximale des mouvements possibles (Back et Clayton, 2013).

Les études in vivo sont réalisées sur des chevaux, montés ou non, évoluant sur tapis roulant ou sur une surface classique. Elles sont nombreuses et concernent principalement (mais pas exclusivement)  :

  • les effets des différentes HNPs (Head and Neck Positions, voir Friday fact à ce sujet) sur la cinématique des membres et de la colonne vertébrale, mesurée au moyen de marqueurs placés sur la peau à des emplacements stratégiques (Back et Clayton, 2013)
  • la répartition du poids entre les antérieurs et les postérieurs, mesurée grâce à des tapis roulants équipés d’un système de mesure des forces (Waldern et al, 2009)
  • les indicateurs physiologique de stress, comme l’augmentation du rythme cardiaque ou du taux de cortisol et la fréquence des comportements liés au stress (Rybolt, 2021)
  • l’activité de certains muscles, mesurée par électromyographie (détecte l’activité électrique associée aux contractions musculaires) (Wijnberg et al, 2010)

Sources :
Zsoldos, R.R. and Licka, T.F. (2015). The equine neck and its function during movement and locomotion. Zoology
Willem Back and Hilary Mary Clayton (2013). Equine locomotion. Edinburgh Scotland ; New York: Saunders Elsevier.
Zebisch, A., May, A., Reese, S. and Gehlen, H. (2013). Effects of different head-neck positions on the larynges of ridden horses. Journal of Animal Physiology and Animal Nutrition
Rybolt, M.K. (2021). Effect of different head and neck positions on limb kinematics in the dressage horse at the walk. ir.library.oregonstate.edu
Waldern, N.M., Wiestner, T., Peinen, K., Álvarez, C.G.G., Roepstorff, L., Johnston, C., Meyer, H. and Weishaupt, M.A. (2009). Influence of different head-neck positions on vertical ground reaction forces, linear and time parameters in the unridden horse walking and trotting on a treadmill. Equine Veterinary Journal
Wijnberg, I.D., Sleutjens, J., Van der Kolk, J.H. and Back, W. (2010). Effect of head and neck position on outcome of quantitative neuromuscular diagnostic techniques in Warmblood riding horses directly following moderate exercise. Equine Veterinary Journal

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s